Pour bien comprendre
ce qu’est le stress,
il faut définir au préalable deux
notions
importantes :
•le contexte stresseur, c’est-à-dire toute
situation qui déclenche
une réaction d’adaptation de l’organisme.
Il faut noter d’emblée que les
contextes
stresseurs ne sont pas nécessairement
pénibles, certains peuvent être
agréables
tels un rendez-vous amoureux, une promotion
au travail, l’achat d’un bien immobilier,...
•le Syndrome Général
d’Adaptation (SGA) : il s’agit du processus
décrit en 1956
par Hans Selye par lequel l’organisme
intègre
et s’adapte aux contextes stresseurs.
I l évolue en 3
phases : la phase d'alarme,
la phase de résistance et la phase de
rupture décrites
dans l'animation ci-dessous.
Les
différentes formes de stress en
animation
1
- la phase d’alarme
Selon
l’évaluation qui est faite
par l’individu du risque de déstabilisation
introduit par le contexte stresseur,
l’alarme est plus ou moins prononcée
:
faible
potentiel de
déstabilisation :
•
augmentation de la vigilance,
• augmentation
de la concentration
et des facultés de mémorisation.
fort
potentiel de
déstabilisation (choc) :
Préparation
à l’action se traduisant
par une abondance de signes physiques
:
•
accélération
du rythme cardiaque
et respiratoire,
•
augmentation de
la tension artérielle,
• mobilisation
ou contraction musculaire,
• transpiration,
• fonte
du taux de sucre dans le sang...
Que
se passe-t-il dans votre corps ?
Le
système nerveux qui contrôle
les actes involontaires des organes
et des tissus (battements cardiaques,
digestion, sudation,...) est appelé
système nerveux autonome ou végétatif.
Il est composé du système
nerveux parasympathique et du système
nerveux sympatique.
Ce
dernier est chargé de stimuler
les fonctions anticipatrices de l’action
en provoquant la libération de
catécholamines (adrénaline
et surtout noradrénaline sécrétée
par la glande médullo-surrénale).
Cette phase ne dure que quelques minutes.
Quelles
sont les manifestations physiques ?
•
dilatation
de la pupille
• sensation
de gorge serrée,
• sécheresse
buccale,
•
sensation de « jambes coupées
»
•
troubles digestifs, maux de tête.
2
- la phase de résistance
Lorsque le contexte stresseur persiste,
l’organisme est « mis sous
tension » et puise dans d’autres
ressources pour l’éliminer
ou l’aménager.
Que
se passe-t-il dans votre corps ?
A
la libération des catécholamines,
succède celle des glucocorticoïdes
par le système hypothalamo-hypophyso-cortico-surrénalien
dont l’action ne se prolonge pas
au-delà de 2 heures.
A ce stade, de nombreuses autres substances
sont mobilisées : mélatropine,
endorphine, vasopressine, angiotensine
II, hormones sexuelles et hormones de
croissance chez l’enfant. Ces
réponses biologiques ne doivent
pas être considérées
comme négatives : elles traduisent
la lutte de l’organisme et révèlent
l’aspect « stimulant »
du contexte stresseur.
Quelles
sont les manifestations physiques ?
•
hypertension
artérielle
• décompensation
de troubles
installés (par
exemple, réactivation
des manifestations d’un
diabète,
d’une insuffisance
cardiaque, d’un ulcère à l’estomac,
de psoriasis...)
• apparition
de maladies fonctionnelles
(liées au dysfonctionnement
d’un organe
et non à son atteinte) telle
la colopathie.
3
- la phase de rupture
Elle
intervient lorsque le contexte stresseur
perdurant, l’organisme ne parvient
plus à l’endiguer et épuise
ses ressources. Le sujet est incapable
de faire face ou « can’t
cope » comme le disent les anglo-saxons.
Que
se passe-t-il dans votre corps ?
La
dépense énergétique
est intense et durable ; les ressources
mises en œuvre au cours de la phase
de résistance sont dilapidées.
Il s’ensuit des réactions
neurovégétatives importantes
et des manifestations psychiques.
Quelles
sont les manifestations physiques et psychiques
?
•
fatigue
• insomnies
• amoindrissement
des défenses
immunitaires
•
perte d’appétit ou boulimie
•
mal de dos
•
troubles organiques (rectocolite
hémorragique, asthme,...)
•
palpitations
•
risque d’infarctus
•
irritabilité
•
agitation
•
retrait
relationnel
En
fait, c’est cette troisième étape
du syndrome général d’adaptation,
celle du stress pathologique ou stress «
négatif » qui correspond à
la dénomination du stress dans le langage
courant : ensemble de réactions d’ordre
physiologique, psychique et comportemental
nées de l’incapacité de
l’organisme à faire face à
un contexte stresseur.
Le
stress n'a pas que de mauvais côtés
! Outre ses vertus stimulantes, il peut avoir, dans
des situations extrêmes, un effet analgésiant.
La mésaventure survenue à
un jeune alpiniste américain en avril 2003
en est une illustration. Celui-ci, coincé
sous un rocher, à réussi à
surmonter sa douleur pour s'amputer de l'avant-bras
et échapper ainsi à une mort certaine
"Nous sommes confrontés à une
parfaite illustration de l'analgésie du stress."
(Dr F. Boureau cité par le Figaro)